The Binding of Zeni

 

~ The Binding of Isaac, ou comment j’ai accepté le sel dans ma vie ~

Logo Binding of Isaac Rebirth

C’est l’histoire d’un petit bébé…

Il y a environ deux ans et demi, deux potes gamers me parlaient d’un petit jeu indé, totalement excellent et addictif. Fortement inspiré visuellement des bons vieux jeux style Zelda, genre vieux Zelda, avec un gameplay assez basique, on me promettait alors une expérience de folie. Très perplexe à l’époque, je ne me doutais pas que j’aurais aujourd’hui passé plusieurs centaines d’heures sur The Binding of Isaac: Rebirth et qu’il serait pour beaucoup dans ma décision de me lancer dans l’expérience du streaming sur Twitch.

The Binding of Zeni

Nul. Jeu de bébé.

Mais là, la première fois que je vois le jeu tourner, c’est la désillusion, dans ma tête je me dis « C’est quoi cette daube » et en m’adressant à mes potes, je leur dis « c’est quoi cette daube ?! » Les graphismes sont tout pourris – pour moi qui aime peu de choses dans le jeu vidéo autant que le photoréalisme – ce truc en 16-bit est moche et clairement codé avec les pieds. Et là un de mes potes m’explique « Alors tu vois en fait tu incarnes un bébé nommé Isaac, qui est pourchassé par sa maman dans une cave. Du coup y a des mobs partout et faut leur pleurer dessus, faut trouver des clés, des pièces et des coffres et des fois t’en trouves en pleurant sur des cacas ». Sur des cacas. SUR DES CACAS ! Ma tentative de m’intéresser s’arrête donc là et je décide que ce jeu est un jeu de bébé tout nul.
Ce jeu nul est l’œuvre de l’esprit tordu d’Edmund McMillen, à qui l’on doit d’autre pépites comme Super Meat Boy et récemment The End is Nigh avec Tyler Glaiel.

Quand tout à coup, tout bascule…

binding of isaac finQuelques mois plus tard, mes deux potes jouent toujours avidement et me tannent pour que je le teste régulièrement, je passe chez l’un d’eux et il me cale finalement la manette dans les mains et me dit « Vas-y teste tu verras bien ». J’ai un coup dans le nez (léger hein, l’abus d’alcool est dangereux pour la santé, consommez avec modération) et timidement, je me lance dans l’aventure. Je l’ai vu faire deux trois parties avant moi, au cours desquelles il me fait un très bon tuto pour avoir une idée de ce que je dois faire.

Déjà j’ai peur de péter sa sauvegarde, de faire une connerie. Il rit de façon mi-paternaliste mi-moqueuse et me dit « T’inquiète va… ». Et voilà que je me lance dans le basement, les commandes ont beau être simples, les ennemis peu nombreux au début, une certaine panique me prend alors que j’essaie de leur échapper, oubliant même que je peux leur tirer dessus. Mon personnage succombe assez rapidement d’une mort rétrospectivement assez lamentable.

rngesus

 

Je veux recommencer. Ça y est, j’ai mis le doigt dans l’engrenage, tout est perdu.
Je recommence donc et là je découvre ce qui s’avère être la pierre angulaire du jeu : Mais ça change tout le temps en fait ! L’item que j’avais trouvé à l’essai précédent, qui me faisait pleurer du sang, disparu ! A la place je trouve un truc tout pourri qui me file un familier qui tire aussi des larmes. Les pièces sont différentes et les ennemis aussi.

Ce fut là mon premier contact avec RNGesus (prononcez « Arènedjizeusse »). Ce principe simple mais central à Binding of Isaac est l’élément qui crée la richesse du jeu, il n’existe pas deux runs identiques.

Le système de jeu en détail

Tour à tour offensif, défensif, complètement craqué ou totalement injouable, le build du personnage dépend d’un pool de 341 items qui vont lui octroyer des compétences spéciales, changer son apparence et ses statistiques.
binding of isaac itemsA ces items s’ajoutent des trinkets, des pilules, des cartes et des runes qui vont aider notre bébé traumatisé à tenter de survivre. L’utilisation au début totalement aléatoire et naïve (« c’est exactement ce que je voulais faire ») de ces objets initie le joueur à la deuxième mécanique la plus importante du jeu : les symbioses. C’est souvent par hasard que l’on se rend compte de ses combos assez fous, exemple : J’ai ramassé Brimstone (Laser blood barrier) un gros rayon destructeur qui décime tout sur son passage. Et là innocemment je trouve The Ludovico Technique. Cet item permet de contrôler une grosse larme indépendamment des mouvements d’Isaac. Tching ! Je contrôle maintenant un laser en cercle que je balade où je veux sur l’écran. Il existe des symbioses d’objets totalement pétées, certaines rendent la visibilité du jeu quasi nulle, tellement les larmes sont énormes et colorées, certaines font même ramer le jeu qui reste pourtant plutôt bien optimisé.
devil doorPuisqu’on parle bien ici d’un dungeon-crawler, il va sans dire que l’on a affaire à différentes pièces, tantôt vides, tantôt remplies, recelant de bonnes et de mauvaises surprises… La pièce qu’on veut, celle qu’on cherche à tout prix, c’est l’item room, une par étage (oui il y a des étages, on va en parler), à l’intérieur un objet qui va, on l’espère, augmenter dramatiquement nos statistiques. Celle du premier étage est ouverte, les suivantes nécessitent une clé, que l’on a pas parfois. Alors qu’on a déjà 15 bombes. Et 20 pièces. Bref… La sacrifice room est un jeu de chance, on prend des dégâts en y passant et on ne sait pas ce qu’on y trouvera. Le magasin propose des articles en tout genre et une machine où stocker son argent (vos épargnes restent même après une mort tragique). Deux pièces secrètes par étage sont à découvrir, avec une logique qui paraît ultra compliquée au début mais est en fait très simple et on peut quasiment à coup sûr les trouver du premier coup. D’autres salles, plus rares, se présenteront également (Dice room, Black market, Error room, Library) mais celle qui vous attend inexorablement à chaque fin d’étage, celle qui vous fait stresser d’avance, c’est la Boss room ! Quelle créature immonde et cruelle vous y attendra, quelles horreurs vous faudra-t-il subir en ces lieux maudits ? Seul RNGesus le sait. Et si vous avez vaincu l’une de ces 50 bêtes féroces, que vous n’avez pas trop subi de dégâts et que la chance vous sourit, la salle du Devil deal s’ouvrira alors, vous offrant en échange de votre vie (conteneurs de coeurs) un item généralement assez puissant qui facilitera votre progression dans le jeu.

Une aventure rejouable encore et encore

Le principe du jeu c’est que plus on joue, plus on joue. Et plus on joue, plus on débloque du contenu et plus les chances de faire des runs originales sont élevées. De base le jeu propose plusieurs autres personnages en plus d’Isaac pour traverser ce parcours du combattant. Tous ces personnages doivent être débloqués en accomplissant telle ou telle action (traverser un étage sans prendre de dégâts, collecter plus de 7 conteneurs rouges…) et chacun d’entre eux a ses propres caractéristiques, un item de départ et un skin dédié, comme Maggie avec son noeud dans les cheveux, ou Azazel et son look de petit démon. Et le truc drôle pour celui ou celle qui prévoit de finir le jeu à 100% (ou 1001% dans le cas présent) c’est qu’il faudra finir le jeu en difficile (ah oui au fait, pas la peine de jouer en facile, ça ne sert à rien) avec TOUS LES PERSONNAGES ! Et plusieurs fois en plus !binding of isaac characters
Parce que finir le jeu une fois, c’est bien. Le finir 10 fois, c’est pas mal, le finir 20 fois ok. Mais plus on progresse, plus la fin du jeu s’éloigne en fait. A force de battre la redoutable Mom, on débloque deux étages supplémentaire, l’utérus (oui c’est dégueulasse), à l’issue desquels on va affronter un ennemi encore plus redoutable, Mom’s Heart, qui deviendra à son tour It lives, une créature répugnante et dangereuse. Et c’est pas fini ! Plus tard, vous découvrirez qu’il y a plus encore, vous ferez le choix de monter dans la cathédrale et affronter des créature qui n’ont d’angélique que l’apparence, ou de descendre dans les tréfonds de Sheol et vous confronter à des saletés démoniaques. ET C’EST PAS FINI ! Après toutes ces épreuves, vous aurez accès à d’un côté le Chest, de l’autre à la Dark Room, des séries d’affrontements redoutables pour l’aventurier mal équipé. Mais pour cela il faudra avoir débloqué le Polaroid et le Négatif (Non ne vous inquiétez pas, moi non plus je n’y comprenais rien et aujourd’hui j’écris tout ça de tête).
Et enfin, l’ennemi ultime, le démon parmi les démons, la bête, Mega Satan vous attend dans une salle unique, accessible depuis le Chest et la Dark Room pour qui saura trouver la clé…
binding of isaac bossesQui dit nouveaux étages dit nouveaux bosses, et vous trouverez bien des adversaires dans les méandres de ces horribles lieux, jusqu’à Isaac lui-même
Chaque fin, faite par chaque personnage, faite dans certaines conditions débloque une fin différente (16 en tout), autant dire qu’il vous faudra quelques heures pour en faire le tour.
Entre temps, d’autres attractions sont disponibles, comme le Boss Rush, atroce salle secrète qui ne s’ouvrira que pour le joueur qui sera parvenu jusqu’à Mom et à la terrasser en moins de 20 minutes ! Ce sont ici 15 vagues de 2 bosses qui vous attendent, vous seul, avec ce dont vous êtes équipé et vos yeux pour pleurer (wink wink).
Je ne vous parle pas ici des challenges ou des seeds mais ce sont encore d’autres façons de prolonger la longévité du jeu ou d’apprendre certaines mécaniques.

Isaac Alpha Prime Plus X 2 Le retour

Il faut savoir que Binding of Isaac: Rebirth est un remake de Binding of Isaac, jeu flash sorti en septembre 2011. Le jeu était grandement réduit en terme de… en terme de tout en fait, étages, bosses, items… Il avait lui même était pourvu d’un DLC ultra difficile Wrath of the Lamb et avait amené à Edmund McMillen une certaine notoriété.

Afterbirth

Le succès de Rebirth a encouragé son créateur à étendre l’univers de Binding of Isaac dans un DLC qui est presque une nouvelle version du jeu : Afterbirth. Le jeu est sorti sur PC pour Halloween 2015 et a tardé à sortir sur console. Tant et si bien que lors de sa sortie sur PS4 je l’attendais très impatiemment, ce qui a eu pour effet d’augmenter dramatiquement la déception que ce DLC a été pour moi. Il propose 95 nouveaux objets, des challenges, des chapitres supplémentaires, le Greed Mode qui à mon sens est une horreur sans nom, et une idée plutôt sympa : le challenge journalier, run seedée que font les joueurs et à l’issue de laquelle est effectué un classement international, l’occasion de peut-être briller par son talent.

Godmode

Ce qui a fait vivre le jeu et l’a rendu très populaire, c’est qu’au vu de sa simplicité graphique, et de l’efficacité de son moteur de jeu, des dizaines (des centaines) de mods ont vu le jour. Du simple mod qui propose un skin alternatif et des nouveaux noms de personnages au véritables extensions qui aurait très bien pu figurer dans une version augmentée du jeu. Il y a un mod en particulier qui m’a attiré (je ne suis pas spécialement adeptes de jeux moddés), c’est Antibirth. Le mod est un véritable DLC et propose de nouveaux personnages, items, trinkets, niveaux, bosses, fins, des secrets et surtout en ce qui me concerne une bande son absolument sublime par Mudeth. Retrouvez-la d’ailleurs sur mon Bandcamp ainsi que certaines de mes bandes sons de jeux indé favorites.

Antibirth

Edmund McMillen étant loin d’être un idiot, la dernière version d’Isaac, nommée Afterbirth +, propose en plus d’une montagne de nouveaux contenus, d’intégrer certains des meilleurs mods directement dans le jeu.
Personnellement, je reste attaché à la version Rebirth de base, qui recèle bien assez de contenu et de difficulté pour moi. J’ai tenté Afterbirth et techniquement je le possède toujours sur PS4 (je l’ai néanmoins désinstallé), mais je trouve qu’il dénature le jeu source. Antibirth est pour moi le seul contenu additionnel digne d’être testé. Mais en aucun je ne pourrais prétendre avoir essayé tous les mods, donc faites-vous une idée vous-même.

De mon salon à ma chaîne Twitch

Au jour où j’écris ces lignes, je suis streamer depuis presque 2 ans et demi (depuis le 26 mars 2015) et j’ai tissé un réseau de connaissances dont certains compte aujourd’hui par mes amis, j’y ai aussi trouvé l’amour. Mais au début, Twitch n’était pour moi qu’une plateforme qui me permettait de voir si tel ou tel jeu pourrait me plaire. Et LE jeu par excellence qui m’a amené sur Twitch, c’est précisément The Binding of Isaac, et c’est ainsi que j’ai découvert des streamers comme LilChief2007, Richard Hammer, ou encore CobaltStreak. La communauté des fans d’Isaac est très soudée et riche en énergumènes en tout genre. 

twitch

Certains joueurs et spectateurs comme ShaniRae, KyoShirokami ou Kokoromikurun sont devenus des gens que je respecte et dont la compagnie est toujours appréciée sur mes streams et ceux de Grimoires et Tentacules. Beaucoup m’ont aidé, soutenu, se sont allègrement foutu de moi (et je les en remercie), m’ont suivi. Je n’en citerai ici que quelques-uns parce qu’aujourd’hui encore, ils comptent pour moi : ShogunPotato (Spanjibobu), Khalfouette (The real RPG),
Yodhym, Foxycrow, Kranttshepard, Willygorn, Henrystyle et d’autres que j’oublie.
En conclusion, même si ce jeu me fait régulièrement rager (je suis actuellement en pause jusque septembre afin de préserver mes manettes et ma santé mentale), je remercie son créateur et mes deux amis car à travers l’expérience ludique d’un petit bébé qui pleure sur des cacas pour survivre, un monde rempli de gens fantastiques, de jeux complètement dingues s’est ouvert à moi.
Si cet article vous a mis la puce à l’oreille, achetez-vous le jeu, il est très bon marché sur Steam, testez-le et repassez à l’occasion me dire ce que vous en avez pensé ! Merci d’avoir pris le temps de me lire, à bientôt !

Liens utiles

Ci-dessous quelques liens informatifs et pratiques qui vous apporteront plus de détails sur le jeu et de précieux éléments de compréhension des diverses mécaniques de Rebirth.

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