~ Enter Shikari à l’Elysée Montmartre – Un drame évité ~

Logo Enter Shikari

Linkin Park en moins chiant

Enter Shikari fait partie de ces groupes que j’aurais pu ou dû écouter plus tôt. Ça m’aurait plu et je serais allé les voir en concert à l’époque où leur musique était plus brute et folle. Mais bon, j’ai pris le train en marche et ma foi, depuis 2 ans j’écoute la discographie de ce groupe britannique en boucle. Ce qui frappe en premier chez eux, ce sont les paroles de Rou Reynolds, très engagées et frontales. Il y a un discours révolutionnaire typique des groupes d’outre-manche, un refus de se laisser berner par une société dans laquelle ils ne se retrouvent pas, un besoin de crier haut et fort “We ain’t taking this shit !” Ces paroles alliées à des compositions mi-métal, mi-électro forment une musique que je qualifie généralement de “Linkin Park en moins chiant”. Des riffs de guitare bien tranchés, une basse rondouillarde, une batterie bien technique et cinglante et un chant entre pop et hardcore.

Photo d'Enter Shikari en concert

Retour sur la discographie

Leur premier album “Take to the Skies” est donc un album plutôt abrupt, à la production assez simpliste mais efficace. Le tube “Sorry you’re not a Winner” aura fait taper des mains bien des fans à l’affût en concert aussi bien que chez eux. Je me souviens d’ailleurs du jour où mon meilleur ami m’a fait écouter Enter Shikari et sa tête hilare alors qu’il tapait 3 fois dans ses mains au moment fatidique. Les deux albums suivant “Common Dreads” et “A Flash Flood of Colour” vont de pair dans mon esprit puisque je les ai bouffé en mode best of pendant des mois, laissant de côté les morceaux plus mélo au profit d’hymnes comme “System Meltdown”, “Juggernauts” ou autre “Zzzonked”. Quelques singles, des featurings avec des artistes comme The Qemists ou Crossfaith, les brits enchaînent les tubes jusqu’à l’album qui pour moi représente une certaine forme de passage à l’âge adulte : “The Appeal and the Mindsweep” (rien à voir avec le Démineur). L’ensemble des morceaux forme un tout homogène, relativement sérieux. Les compos, la production, l’enregistrement, tout est très soigné à part un titre, je peux écouter cet opus d’un traite avec grand plaisir.

Photo d'Enter Shikari en concert

La dernière fois que je les ai vu

Je les avais vu à la Cigale à l’occasion de la tournée de cet album et j’avais pris ma claque bien comme il faut. Son de bonne qualité, performance live pêchue et un Rou Reynolds bien fifou qui a fini en roulade au milieu de la foule, ce concert reste un excellent souvenir et une référence à côté de laquelle comparer des lives de même échelle. Mon frère qui n’était pas forcément grand fan d’Enter Shikari s’est je crois bien éclaté ce soir là, Mathieu, un ami cher qui nous a quitté depuis, et moi nous sommes régalés et avons profité de titres que nous attendions avec impatience comme “The Last Garrison” ou “Torn Apart”.

Depuis ce concert, mon écoute du groupe à baissé en fréquence mais j’accueille toujours à oreilles ouvertes ses titres sur mes playlists aléatoires et aime être surpris par un single imprévu comme ça a été le cas avec “SlipShod”, “Hoodwinker” ou “Supercharge”.

Puis l’attente…

Someone dropped the balls

Les premiers teasings d’un nouvel album sont apparus sur twitter, le groupe a revêtu une nouvelle charte graphique, des tons bleus ciel et une esthétique à la Fallout 4. Ok I’ll bite.
Après la sortie de Redshift qui prenait le parti de plutôt faire dans le contemplatif, tout en restant très bien composé, on s’attendait de toute façon à un cinquième album plus posé, mais à ce point-là ?
Un premier single intitulé “Live Outside” accompagné d’un clip pas vilain fait son apparition et c’est plutôt encourageant ! Il y a certes moins de guitares mais l’électronique est vraiment bien ficelée et on revient à un discours à la 1984, sur l’anticonformisme qui laisse présager des textes de Rou bien écrits comme il sait si bien le faire.
Les singles suivants, “Rabble Rouser”, l’anecdotique “Undercover Agents” et le larmoyant “The Sights”, sont un ascenseur émotionnel. Semaine après semaine, ces titres sont venus enfoncer le clou de l’évidence, dépecer le vif espoir : Enter Shikari nous préparait un album de Brit-Pop chiante comme la pluie londonienne.

Photo d'Enter Shikari en concert

The Spark dans le détail

Et à la sortie de l’album complet, le 22 septembre, c’est la désillusion, la résignation même. Il faut noter ici que pour moi l’année 2017 aura été musicalement très décevante : les groupes attendus comme Tool ou Bring Me The Horizon tardent à produire quoi que ce soit, alors que d’autres prévus comme Foo Fighters, Queens of the Stone Age, Minus the Bear ont produit cette année des albums en demi-teinte, un peu pépères, pas très risqués. Enter Shikari sort donc son album “The Spark”, en guise d’étincelle un pétard mouillé. Je l’écoute d’une traite, au casque, comme j’aime le faire avec les nouveaux albums des artistes que j’apprécie. Et piste après piste, c’est un mélange de déception et même de dégoût qui s’installe. Ma première réflexion c’est “Ils ont perdu leurs balls les mecs ou quoi ? Elles sont où les grosses guitares, les riffs qui font bouger la tête ?” Après une deuxième écoute, ma décision est prise : cet album est une grosse daube, une bouse auditive convenue et Pop, mais pas comme la bonne Pop de Weezer ou Soulwax, non chiant comme la pop de… en fait je sais pas qui parce que je n’écoute pas ce genre de soupe musicale.

Préparation mentale pour le concert

Entre temps, avant la sortie de “The Sploutch”, j’avais appris que Enter Shikari repassait en France pour sa dernière tournée. Concert à l’Elysée Montmartre, un samedi en plus, le truc parfait et je me suis donc empressé d’acheter une place pour ma copine et moi et d’encourager un maximum de potes à faire de même. Et “The Splat” est sorti. Ca ne m’a pas pris une journée pour me dire “Ok je vais me faire rembourser mes places, ça va pas le faire.” Et je me suis ravisé, je me suis dit que ma copine ne les avait pas encore vus, que sur un malentendu ça pouvait quand même être un concert pas trop mal.

Et ma foi c’était un concert pas trop mal !

J’avais prévu d’y aller donc avec ma copine et on y a retrouvé mon meilleur ami qui connaît le groupe depuis ses débuts et un autre ami qui lui n’écoute pas Enter Shikari et est venu par curiosité. Autant vous dire qu’on partait avec de gros a priori, du genre, de toute façon ça va être à chier. Partant de ce niveau d’attente proche de zéro, le pire qui pouvait nous arriver, c’était que nos craintes soit fondées. Tout comme j’avais boudé le groupe dans mes playlists avant le concert, je n’avais pas plus cherché à voir s’ils ne jouaient que leurs nouvelles compos lors de cette tournée ou si d’autres titres plus vieux y avaient tout de même trouvé une place.

Photo d'Enter Shikari en concert

L’étincelle fait presque déborder le vase

Si le concert a commencé sur le suave et mielleux tube “The Sights”, l’arrivée dès le second titre de “Solidarity” a vite changé mon état d’esprit sur la teneur de ce live. Alternant finalement entre titres issus de “The Splorch” et des anciens albums, la setlist a laissé la part belle aux singles et autres tubes : “The Last Garrison”, “Radiate”, “Anaesthetist”, etc. “Sorry you’re not a winner” est toujours au programme après toutes ces années et si le groupe est toujours attaché à ses vieux succès, même si c’est seulement pour répondre aux attentes des fans, on peut garder bon espoir pour l’avenir du groupe.

La playlist complète ci-dessus est dispo sur mon profil Spotify et je vous recommande la chaîne officielle YouTube d’Enter Shikari, ils y diffusent pas mal de live de bonne qualité.

On a donc échappé à la catastrophe avec ce live, cela s’annonçait assez mauvais mais finalement le groupe a su aller au-delà de son dernier album et nous proposer quelque chose de décent.
Gros bravo au passage à la salle de l’Elysée Montmartre qui n’a pas été fichue de fournir au gars du merchandising un terminal pour CB, ce qui fait que seuls les gens ayant du cash ont pu repartir avec des goodies, c’est d’autant plus dommage que les prix étaient corrects et qu’il y avait du choix.
Il me reste à croire et espérer que le prochain album du quatuor britannique retrouvera ses balls pour le prochain album et me donnera envie de revenir à nouveau les voir en concert.

Si cet article vous a plu, partagez-le, commentez-le, mais surtout allez écouter ce groupe et acheter leurs albums si leur musique vous plaît.

Liens utiles

Ci-dessous quelques liens informatifs et pratiques qui vous apporteront plus de détails sur Enter Shikari.

Haut de page